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  • Photo du rédacteurLes Bébés Explorateurs

Portrait de pro : Elodie, EJE aux Explorateurs de St Herblain




Bonjour Elodie, est-ce que vous pouvez vous présenter ?  

Est-ce vous pouvez nous raconter votre parcours ?

 

Je m’appelle Elodie et j’ai 32 ans. Dès le collège, je savais que je voulais travailler auprès des enfants. Ma mère est assistante maternelle, j’ai grandi près des enfants ; les accompagner au quotidien, je savais que je voulais en faire mon métier.

J’ai réalisé mon stage de 3ème en crèche, ça m’a beaucoup plu. J’étais jeune, je ne savais pas forcément quel poste pouvait me correspondre. J’ai réalisé quelques recherches, et j’ai découvert le métier EJE. Ce qui m’a plu, c’était le côté éducatif et pédagogique, plus que médical. Je savais que je n’avais pas très envie de travailler en hôpital par exemple.

A la fin du lycée, j’ai eu mon bac Economique et social. Je savais déjà que je voulais être EJE, mais le concours n’était pas facile à obtenir, alors je l’ai préparé. En amont j’ai passé mon BAFA pour avoir une expérience près des enfants, puisqu’à l’oral du concours ils demandaient une certaine expérience.

Mon bac tout juste en poche, je ne me sentais pas prête. J’avais besoin d’acquérir de l’expérience, des connaissances, de la maturité. Je suis rentrée à l’université, en psycho ; je suis allée jusqu’en licence. Au bout des 3 ans j’étais toujours convaincue que c’était ce métier qui me tenait à cœur.

J’ai passé le concours d’EJE, mais j’ai échoué. J’ai fait ensuite une classe préparatoire, et j’ai retenté le concours : j’ai eu l’écrit, mais j’ai été recalée à l’oral. Ma timidité m’avait desservie. Evidemment, j’étais un peu déçue. Un deuxième échec, ça demande de rebondir.

J’ai alors choisi de faire un an en contrat aidé, dans une crèche où j’avais fait mon stage en classe préparatoire. Ça m’a donné l’occasion d’acquérir une expérience supplémentaire. J’ai passé mon CAP Petite Enfance en candidat libre cette année-là. Une collègue m’a aidée en me donnant ses cours du CNED. Je révisais le soir et le week end. J’ai obtenu mon CAP, et dans la foulée, le concours d’EJE.

C’était un soulagement, au bout de 3 fois ! J’ai eu la chance de l’avoir à Nantes, et j’ai pu rester près de ma famille. J’ai vécu 3 ans riches, au niveau des stages aussi.

 

Parlez-nous un peu de vos stages.

 

J’ai eu une très belle expérience dans une structure de 35 berceaux, qui portait un projet portes ouvertes pour permettre la libre circulation des enfants dans les espaces.

Je suis aussi partie 3 mois en Suède, dans une crèche francophone. Là-bas, j’ai découvert une autre pédagogie. C’était très très enrichissant, j’y ai appris plein de choses. En Suède, l’enfant est au cœur de la société et de la politique : tout est mis en place pour son bien-être. On ne les accueille qu’à partir d’1 an. Durant leur première année, ils passent 6 mois avec leur maman, 6 avec leur papa ; de mon point de vue, c’est une chance pour l’enfant. Ça m’a permis de vivre une coupure dans ma scolarité aussi.

 

Qu’avez-vous fait après cela ?

 

En 2017, j’ai obtenu mon diplôme. J’ai commencé à effectuer des remplacements pendant 3 ans dans le multi-accueil où j’ai fait mon stage de dernière année. Puis j’ai eu envie d’obtenir un CDI. J’en ai trouvé un dans une micro-crèche. J’ai apprécié le côté familial de l’établissement. Seulement, s’il y a moins d’enfants, il y a aussi moins de pros, et je ne m’y retrouvais pas. On manquait de temps. J’avais le sentiment de travailler à la chaîne, ça ne correspondait pas à mes valeurs.

J’ai cherché une autre structure. J’ai passé 6 mois dans un multi-accueil de 40 places ; il y avait 2 espaces de 20 places où j’étais référente. Je trouvais le management de la structure assez autoritaire, ça ne se passait pas forcément très bien avec la directrice : on n’était pas libre de mettre en place ce qu’on voulait. Ce n’était pas facile à vivre au quotidien, j’ai préféré chercher une autre structure.

Je travaille aujourd’hui avec une collègue que je connaissais et qui m’a prévenue qu’on cherchait une EJE dans la crèche où je suis aujourd’hui. Elle m’a dit : « Tes valeurs, sont celles des Bébés Explorateurs, tente ta chance ! », et je suis arrivée ici en février.

Pour moi c’est un plaisir de travailler chaque jour près des enfants, des familles. Je me retrouve dans les valeurs des Bébés Explorateurs, surtout dans la Bienveillance, et la Joie. C’est un plaisir de voir grandir les enfants au quotidien. Ce qui me plaît aussi, c’est que c’est une petite structure ; son côté familial, proche des familles, est important pour mon quotidien. On a la chance d’accueillir individuellement chaque enfant. C’est ce qui manquait dans mes autres expériences ; jusqu’ici il manquait de l’individuel au sein du collectif. Là j’arrive à le trouver ça. C’est plutôt chouette.

 

Quelle est votre journée type ?

 

Je travaille 37,5h par semaine, sur le terrain. Je passe 35h près des enfants, et 2h30 au bureau pour avancer sur la partie pédagogique, les projets, les réunions, les temps d’échange avec la directrice, etc. Dans notre établissement, il y a deux sections : les Moyens- Grands, et les plus petits. Cette année je suis près des plus petits. C’est une découverte pour moi, ma première année près des bébés. On apprend à connaître les enfants ; ça se passe bien.

Le matin, j’arrive, je dis bonjours aux pros et à tous les enfants. Je prends un temps pour leur demander comment ils vont. A 9h30, c’est le temps de la chanson pour se dire bonjour.

Ensuite, tout au long de la journée, on suit le rythme de chaque enfant. Il y a les temps de sieste le matin, puis les temps d’éveil, les temps du repas, les temps de change, les temps d’accueil des parents… Les actes se répètent selon leur rythme. A travers nos observations, on propose des activités adaptées aux besoins et aux envies de ces enfants qui sont dans la découverte.

C’est chouette de travailler avec les enfants… ils sont bon public, on a la chance de se faire applaudir à la fin d’une chanson (rires). Je fais un métier où on est accueilli par des sourires d’enfants…

 

Qu’est-ce que vous préférez dans votre métier ?

 

Ce que je préfère dans mon métier ? J’aime tout.

L’accompagnement des enfants dans leur quotidien et l’accompagnement à la parentalité.

Mais aussi le travail d’équipe ; dans les moments plus difficiles, c’est bien de passer le relais, d’être entourée et épaulée. Ça permet de faire des projets aussi ; c’est une dynamique intéressante. Ça me convient plus que travailler seule à mon domicile.

J’apprécie aussi d’avoir un temps de détachement en bureau pour avancer sur des projets, en parallèle du quotidien des enfants.

 

Qu’est-ce qui vous semble le plus difficile ?

 

Il faut tout le temps s’adapter, notamment lorsqu’il faut se réorganiser pour répondre aux besoins des enfants lors des absences des professionnelles. Ça, c’est le côté difficile.

Dans les textes, il faut en crèche 1 adulte pour 5 enfants. Là on est 3 pour 7, c’est très confortable, mais sur les temps du midi, on ne peut pas répondre à tous les besoins en même temps. Alors on s’installe près du bébé qui pleure, on lui parle, on chante, on pose des mots, on lui explique. On essaie de le rassurer au mieux. Dans la journée, il y a des petits moments comme ça, difficiles à gérer.

 

Quel regard portez-vous sur votre métier ?

 

C’est un très joli métier, mais je trouve qu’on n’est pas assez reconnu pour ce qu’on fait. Voilà.

On fait un travail essentiel, mais on n’entend peu parler de nous. Au niveau politique, il y a un travail à faire sur notre métier, par la revalorisation de nos salaires notamment. Lorsque la loi permettant d’embaucher des professionnelles non-diplômées est passée l’an dernier, je me suis demandé à quoi servait notre diplôme… De ce côté-là, c’est décevant, il faut encore travailler dessus ; j’ai bon espoir que ça évolue.

C’est un métier riche. Au niveau des émotions, de l’empathie, c’est un métier prenant. Quand je parle de mon métier à des gens ils me disent : « Je ne pourrais pas faire ce que vous faites. » C’est un métier passion, on ne vient pas dans la Petite Enfance par hasard.

 

Quel regard portez-vous sur votre secteur ?

 

En ce moment, ça ne va pas très bien. Nous, ici, dans notre établissement, ça va, mais ce qu’on entend dans les médias ne reflète pas une belle image de nos métiers…

 

Où vous voyez-vous dans 10 ans ?

 

Je pense que je serai toujours dans le secteur de la Petite Enfance.

Plus tard, j’aimerais peut-être créer une MAM avec d’autres professionnelles de la Petite Enfance.

 

Autre chose à ajouter ?

 

Non je crois que c’est tout.

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